• la forme anti-commune du traitement de l’information.

     

     

    la forme anti-commune du traitement de l’information.

     

    la forme anti-commune du traitement de l’information.

     

    la forme anti-commune du traitement de l’information.

    Comme Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent a droit à un traitement de faveur des metteurs en page de France Info, comme en général des autres médias officiels. Comparez ces trois photos collectées sur le site de France Info ce même jour à la même heure : vous avez deux apparatchiks du fatalisme de l’austérité patronale, M. Gallet d’une part et M. Sapin d’autre part, qui ont droit chacun à une photographie bien centrée, bien cadrée, valorisante. Ce traitement visuel les fait passer pour « naturels », « nécessaires », « compétents », « incontournables », neutres et impartiaux. Leurs prêches pour les licenciements facilités et la destruction du service public de la radio passe par ce moyen pour un processus inévitable, valable, bien étayé, sûr…

    En revanche lorsque l’on regarde dans le même site à la même heure l’image de M. Laurent, on voit une image recadrée à l’extrême, le visage n’est pas entier, il semble sortir de l’image, et même il semble se noyer, sombrer littéralement ; Or la position corporelle d’origine de Pierre Laurent n’était pas ainsi lors de la prise de vue du photographe. C’est donc celui-ci ou bien la rédaction de France Info qui a choisi, soit de procéder à ce cadrage, soit qui a choisi cette image parmi des centaines d’autres.

     

    Je ne vais pas ici faire l’innocent et découvrir qu’une photographie ne se contente pas de restituer la réalité. Je sais que la photographie interprète au même titre que n’importe quel moyen d’expression visuel. Toutefois n’y a-t-il pas quelque chose d’un peu appuyé dans la manière dissymétrique par laquelle l’image photographique accompagne un sujet : les libéraux qui prônent l’austérité et les licenciements ont des photos stables, inébranlables, objets d’aucune liberté d’interprétation ou de critique.

    Un dirigeant d’une des formations du Front de Gauche est montré littéralement hors cadre, comme sombrant hors de la représentation. Pour une formation politique qui, prise dans son ensemble, totalise environ 11 % des voix exprimées aux élections départementales, et plusieurs millions d’électeurs, il y a là un mépris et un travestissement de l’information flagrant.

     

    Bien sûr, il m’arrive aussi de voir sur France info des dirigeants de droite, en général dans le cas d’articles couvrant des cas de corruption, avec pour eux aussi des cadrages assez partisans, qui peuvent même me faire sourire. Mais il y a ici, avec l’image donnée de M. Laurent, comparée à celle de deux acteurs de l’austérité officielle, quelque chose de manifeste bien que cherchant à passer discrètement, occultant le procédé rhétorique employé.

     

    Sans doute suis-je sensible à ce procédé puisque moi aussi je suis ouvertement de parti pris ; mais mon parti pris, lorsqu’il s’exprime artistiquement, se veut visible dans son artifice, tandis qu’ici, le parti pris se dissimule derrière la prétendue « neutralité » de la photographie de reportage (qui n’existe absolument pas, évidemment). Elle vise à passer pour une évidence incontestable.

     

    D’autre part ces images ont quelque chose d’univoque. Elles nous montrent l’un des personnages de manière ridicule et quasi ruinée, tandis que deux autres reçoivent un traitement valorisant : la photographie du jeune M. Gallet, est un mélange de photographie de mode et de portrait politique très flatteur, type de traitement auquel à droit systématiquement aussi le jeune M. Macron. En fait ces images nous montrent un capitalisme puissant, élégant, indestructible, éternellement renouvelé.

     

    Pierre Laurent, lui, est cadré comme une épave qui sombre, les yeux égarés, suffoquant, regardant un ciel gris indifférent, chaviré (et pour cause, puisque c’est un cadrage voulu !), emporté, sans espoir.

     

    Se pourrait-il qu’il existe une manière un tout petit peu honnête de montrer des personnalités et qui ne soit pas aussi stupidement réductrice ? Les photos de presse doivent-elle à ce point faire un jeu tautologique avec le sens unilatéral des articles de l’opinion des dominants - qu’ils soient gouvernementaux ou appartenant (dans l’assentiment général des citoyens pourtant sourcilleux de liberté) à des milliardaires privés ?

     

    Il existe des liens vers la critique des médias et de ce traitement qui prend les gens pour des imbéciles : http://www.acrimed.org/ ou encore https://opiam2012.wordpress.com/2013/09/26/diabolisation-visuelle-de-melenchon-dans-les-medias-77/ , ou encore http://www.observatoire-des-sondages.org/. On y voit le même mécanisme à l’œuvre : des choix éditoriaux, et en particulier sur l’image, ou sur les sondages, qui privilégient le monde des privilèges économiques en place, et donnent une caricature des personnes engagées dans une critique du système économique, politique, institutionnel, médiatique.

     

    Lorsqu’un M. Moscovici, littéralement le domestique du MEDEF lorsqu’il était ministre de la montée du chômage et des cadeaux aux grandes fortunes, se trouve propulsé à un rôle clé à la commission européenne pour menacer et donner des leçon aux élus grecs, on peut parler de système en place.

     

    Beaucoup de gens semblent s’en contenter, ou n’envisagent pas, tout du moins, de  regarder cela avec un soupçon d’analyse critique rationnelle. On est placé dans une situation apparemment statique, qui enfonce les malheureux et propulse les avantages des quelques plus riches dont les chiffres de la domination mondiale ou nationale progressent rapidement d’une manière à la fois incontrôlable et obscène.

    Les études des gens qui ont pu en suivre semblent leur servir à "servir", ou à ne pas pouvoir mettre en question un système de domination de plus en plus destructeur.

     

    Les témoignages de chercheurs comme M. Bouguignon en micro biologie des sols (voir son témoignage dans le film de Marie Monique Robin « Solutions locales pour désordre global »), M. Lordon en économie, ou de Annie Thiebaud-Mony dans la recherche en sociologie des sciences sur les mécanismes de déni et de mensonge industriels et gouvernementaux, envers les toxicités massives des produits les plus répandus à l'insu des gens pendant des décennies (essence au plomb, amiante, nucléaire, agro toxiques, etc.), montrent que le champ scientifique est l’enjeu d’une guerre idéologique pour empêcher de continuer leurs recherches en toute indépendance les personnes qui critiquent les argumentaires des intérêts industriels, privés ou gouvernementaux.

    C’est la guerre des puissants contre les pauvres, là aussi.

     

    Les puissants sont beaucoup mieux conscients de leurs intérêts, et mieux organisés. Même entre concurrents, ils s’entraident !

    Les gens ordinaires se laissent, eux, démobiliser par leur média habituel. Ils ne remarquent plus tout ce qu’il y aurait à remettre en cause. Ils sont trop occupés à survivre dans ce monde qui les met hors d’haleine et hors d’eux-mêmes, jusqu’à regarder sans rien dire le défilé des centaines de migrants en totale détresse, morts noyés chaque semaine en Méditerranée, hommes, femmes et enfants.

    Et accepter sans mot dire les paroles de M. Sapin, répétant qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Alors que cette misère mondialisée provient tout droit des décisions politiques et économiques de ces mêmes personnes qui parviennent à se placer, des décennies durant, en s’entraidant, hors de tout jugement politique et judiciaire de leurs contemporains.

     

     

     


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