• Règle universelle

    Plusieurs sources différentes et des symptômes qui se recoupent pour dessiner les contours d'un dysfonctionnement universel.

     

     Comment un chiffre de déficit budgétaire devient sacré, avec les conséquences que l'on sait sur le fonctionnement de la société.

     
    "Les 3%, inventés en une heure un soir de 1981, sur un coin de table, ne reposaient sur aucune théorie économique" a expliqué Guy Abeille, l'homme à l'origine de ce chiffre au Parisien.

     

     

    Autre source, même symptôme:

    "On constate une politique systématique de changements: restructurations multiples, recompositions des métiers, redéfinitions de services et départements, délocalisations géographiques, mobilités systématiques. En réalité, cela doit s'analyser comme une attaque en règle de l'expérience et des métiers, deux ressources fondamentales des salariés pour maîtriser leur travail, et qui leur confèrent une légitimité à imposer, opposer un point de vue professionnel. Du côté managérial, cette expérience individuelle et collective est disqualifiée et présentée comme autant de routines, habitudes, assimilées à des rigidités, archaïsmes, et parfois même à des signes de paresse intellectuelle et de refus de prises de risques."

    (...)

    De fait, les salariés ne se sentent pas chez eux, entre eux dans leur travail mais dans un environnement hostile; ils ont en permanence à réapprendre, à s'adapter, à réinventer les modalités nécessaires pour maîtriser leur activité. La précarisation subjective, ce n'est pas seulement la peur d'être conduit un jour à la faute professionnelle qui peut faire perdre son emploi, mais c'est aussi une mise en danger de soi par le risque de se trouver en situation d'incompétence qui porte atteinte au sentiment de sa valeur, de sa dignité, de sa légitimité.

    Au sein du travail lui-même, la modernisation a planté désormais les germes d'une insécurité généralisée. Le sentiment d'abandon, de solitude qu'éprouvent nombre de salariés, ressort des enquêtes de terrain. Livrés à eux-mêmes, mis de plus en plus en concurence avec leurs collègues, ils vivent une épreuve permanente. Il en ressort une angoisse, un sentiment d'incompréhension voire une perte de sens."

    Danièle Linhart, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS, membre du GTL-GRESPA. (interview dans l'Humanité 15,16,17 Février 2013) 

     

     Autre source, même symptôme: 

    "Quand il ne s'agit pas de toxicité aigüe (on avale du curare, on meurt) mais d'effets différés (un cancer ou la stérilité après dix ans d'intoxication), la relation entre une cause et ses conséquences est difficile à établir. D'autant que les victimes sont mêlées avec les individus qui n'ont pas pris ce risque (ou à un moindre degré), que le facteur en jeu n'est pas toujours apparent (pas d'étiquetage des OGM aux États-Unis) et que les causes d'un même mal sont variées (différents toxiques, modes de vie à risque, etc.). Le cas des plantes transgéniques est caricatural puisqu'elles n'ont aucun bénéfice pour les consommateurs (1). Donc aucune raison de prendre  le moindre risque, contrairement à ce qu'on fait pour tout médicament. De façon générale, comme l'a montré l'affaire Séralini, les conditions d'une innovation ou d'une molécule sont beaucoup plus laxistes que la prise en compte des faits montrant les conséquences néfastes de cette innovation, car les même experts (ou leurs proches) résistent à se désavouer."

     

    Jacques Testart, Biologiste, co-concepteur de la FIV, président de la Fondation Sciences Citoyennes, interview dans l'Humanité du 15, 16, 17 février 20123.

     

    (1) À qui profitent les OGM ? Jacques Testart, éditions CNRS, 2013

    http://levelodechaine.fr/ 

    http://sciencescitoyennes.org/comme-on-nous-parle-des-kits-de-xenopes-genetiquement-modifies/ 

     http://sciencescitoyennes.org/ 

     

     


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